Projet de construction au Bourg : ne sacrifions pas Saclay !
30/03/2010La réunion du Comité de quartier du Bourg s’est tenue le 25 Mars en présence de 2 conseillers municipaux à la Mairie de Saclay, Gérard Grandjean, membre de la commission Urbanisme et Michel Le Goff membre de la commission Communication & information.
À cette occasion, le projet de construction de logements prévu rue de la Martinière (à l’emplacement anciennement de l’entreprise PHYSIMECA), nous a été dévoilé. A la lecture des plans présentés, bien que l’ASES ne soit pas fondamentalement opposée à un programme immobilier sur ce terrain, nous émettons plusieurs réserves quant à la prise en compte des aspirations des habitants (présents comme futurs) et à l’intégration du projet dans le patrimoine urbain et environnemental de Saclay.
Ce projet de construction a fait l’objet d’une délibération du Conseil Municipal dont voici le Compte-rendu du 16/02/2010.
Le projet en chiffres :
Prix de vente du terrain : 2.300.000 € (soit environ 396 euros le M2)
Promoteur immobilier : société ANTIN
Superficie du terrain : 5811 m2 situé entre la rue de la Martinière et la RD36
Composition : 5 immeubles – 84 logements annoncés (contre 82 ou 79 logements inscrits sur les différents plans présentés par le studio d’architecture ?)
Typologie de logement prévu : essentiellement T2 et T3 + quelques T5
Accessibilité : entre 20 et 30% consacrés à du « logement social » (chiffre exact encore non communiqué), le reste destiné à de l’accession à la propriété.
Stationnement : 130 places de parking en sous-sol prévues (équivaut à 1,5 emplacement/logement sur la base d’un total annoncé de 84 logements)
Normes environnementales : BBC (Bâtiment à Basse Consommation)
Plusieurs sources d’inquiétudes :
Un projet dense et cloisonnant :
Outre l’écart curieux constaté entre le nombre de logements annoncé lors du Comité de quartier (84 logements) et ceux figurant sur les plans présentés (79 sur l’un et 82 sur l’autre), nous craignons que l’ampleur de la construction prévue (5 bâtiments concentrés sur 5811 m2) porte atteinte à l’équilibre du village. Toute urbanisation en « entrée de ville » devrait, par définition, privilégier une intégration harmonieuse avec le village. Mais aux vues du nombre important d’appartements et de la zone « en forme d’équerre », le projet comporte des carrences en matière d’habitabilité et d’ouverture sur la ville (cf photo). Compte tenu de l’importance des constructions projetées, le retrait prévu par rapport à la chaussée nous semble insuffisant et vampirise visuellement le cadre pavillonnaire de ce quartier.
Un projet irréaliste
Plus grave, bien qu’on connaisse le goût prononcé dans certains dessins d’architecte pour les exagérations esthétiques et les mises en situation faussement avantageuses, le plan de masse ci-contre prend comme atout structurant le projet d’aménagement de la RD36 qui n’a pas été adopté, et même, à notre connaissance est toujours à l’étude et ne verrait le jour qu’en 2015 (si son financement est approuvé) .Comment imaginer alors un bénéfice en termes d’image d’un tel ensemble immobilier qui donnerait directement sur la RD36 dont nous connaissons tous l’intensité du trafic à certaines heures. Nous ne sommes pas certains que le projet respecte l’Article L111-1-4 du Code de l’Urbanisme qui prévoit une distance minimale de 75m de voirie routière à grande circulation.
Un projet qui ne tire pas les leçons des erreurs passées
Les habitants du bourg et en particulier les riverains de la rue de Palaiseau, savent combien le stationnement des véhicules, quand il n’est pas réfléchi dans le long terme peut poser d’importantes nuisances. En effet, aucune clause contractuelle stipulant l’obligation d’intégrer dans le bail une place de stationnement en sous-sol par logement n’a été rédigée. De ce fait, les locataires ont choisi pour leur majorité de ne pas utiliser de place de parking afin de réduire ce poste de dépense jugé superflu et de stationner leur(s) véhicule(s) aux abords des immeubles. Le résultat était prévisible : la circulation piétonne comme routière se trouve fortement affectée et génère un climat accidentogène et peu flatteur pour le quartier.
Fort de cette expérience, la Municipalité a demandé pour le projet qui nous concerne aujourd’hui d’augmenter le nombre de places de stationnement. Malheureusement, à ce jour, il n’y a toujours pas d’obligation prévue pour les futurs occupant de louer un emplacement en sous-sol ! Ce qui risque d’occasionner les mêmes débordements au niveau de la chaussée. La proximité de l’école maternelle et le passage des bus risquent de ne pas arranger la situation…
Nous espérons que la Ville trouvera avec la société ANTIN Résidences un arrangement d’ici là pour éviter ce problème.
Au delà de ce problème, c’est le projet lui-même qui ne tient pas compte de la réalité de la vie de nos concitoyens. Pour répondre à la demande formulée par la mairie d’offrir davantage de places de parking, le studio d’architecture propose 30 « doubles stationnements ». 2 véhicules seront alors garés l’un derrière l’autre. Comment ne pas imaginer « la valse des autos » le matin et le soir pour entrer ou quitter la résidence. Un membre du Comité du Bourg nous a justement rappelé que le total atteint (130 places) constitue le MINIMUM légal (84 logements x 1,5 place = 126) ! Sans compter que ce système de dédoublement ne conviendra sûrement pas à tous les foyers (ceux qui n’ont qu’un véhicule par exemple), ce qui réduira encore le nombre de places disponibles. C’est pourquoi nous demandons qu’une étude soit menée sur ce sujet par un expert indépendant.
Une Opération d’Intérêt Financier ?
Nous n’ignorons ni le besoin de logements sur la ville, ni l’état des finances de la commune. Toutefois, nous ne sommes pas certains qu’une opération sacrifiant ainsi les terrains sur lesquels la Municipalité a encore la main avant l’emprise de l’OIN soit la solution la plus propice et la plus durable pour le développement harmonieux du bourg de Saclay.
C’est pourquoi nous souhaitons qu’une étude globale plus cohérente et en harmonie avec son environnement soit menée afin de ne pas aboutir à une « entrée de ville » sacrifiée sur l’autel de la rentabilité.
Enfin, pour qu’un dialogue tripartite équilibré puisse demeurer entre la commune, les habitants et le promoteur immobilier, nous ne sommes pas convaincus que le fait de confier la réalisation du projet au même établissement qui a construit les résidences rue de Palaiseau constitue un schéma idéal pour mener à bien, c’est à dire dans le temps, une gestion de l’habitat.








